Indécis pour la première fois

À ma grande surprise, je me retrouve dans les indécis. En 50 ans d’intérêt marqué pour la politique en général et la politique québécoise en particulier, pour la première fois de ma vie je me retrouve dans le camps des indécis Je ne sais pas encore pour qui je vais voter. C’est un peu perturbantJ’ai toujours voté selon mes convictions profondes à deux exceptions près : L’avant dernière élection fédérale, certain de la victoire de Réal Ménard (Bloc Québécois) dans Hochelaga-Maisonneuve, j’avais voulu donner un petit coup de pouce aux Verts sachant que mon vote leur apporterait $2.50 par année. Aux dernières fédérales, toujours convaincu de la victoire du Bloc au Québec, j’ai donné mon vote à Jack. Pourquoi? Par sympathie pour le personnage et son combat contre la maladie. Outre ces deux exceptions, j’ai toujours voté selon mes convictions souverainistes. Au fédéral, je votait systématiquement pour le parti Rhinocéros et j’ai même été agent officiel pour un candidat dans les hautes Laurentides.

Une anecdote : dans ce comté il y avait déjà un candidat du même parti. J’ai forcé le président d’élection, qui ne voulait pas nous enregistrer, à téléphoner à son patron national afin de confirmer que la loi n’interdisait pas à un parti de présenter 2 candidats dans le même comté. Ce qui fut fait. Mon candidat, Richard « Ahmoud » Gagnon a récolté 300 votes. Quand? Dans les années 80, ma mémoire a oublié l’année.

Donc je suis maintenant dans les indécis. Commençons par ceux pour qui je ne voterai pas et pourquoi :

Les Verts : L’année où j’ai voté pour eux, j’étais chauffeur de taxi. Suite au scrutin, toutes les pancartes ont disparu des poteaux sauf celles des verts. Un mois après la campagne, en arpentant dans mon taxi les rues de Montréal, je voyais encore des dizaines de pancartes électorales, toutes du parti Vert. Contradiction flagrante, jamais plus je ne voterai pour eux. Un parti si ouvertement écologique aurait du ramasser ses pancartes.

Option Nationale : J’ai essayé la boussole électorale de Radio-Canada, honnêtement! Le  résultat me donne Option Nationale comme correspondant à mes attentes. Mais il y a un hic. En fait il y en a deux. Tout d’abord certaines questions sont difficile à répondre car on manque de choix ou de précisions. Secundo, Option Nationale n’a aucune chance de gagner l’élection, je prédis même qu’ils n’auront aucun député au parlement. Donc je ne voterai certainement pas pour eux, je n’ai pas envie de perdre mon vote.

Québec Solidaire : Je n’aime pas Amir Khadir, je n’aime pas son programme que je trouve irréaliste et irresponsable et je n’aime pas sa personnalité. Françoise David, que je n’aime pas plus que l’autre pour les mêmes raisons. Avec, en plus, le souvenir d’une vieille émission d’opinion à Télé-Québec, sur la mondialisation, avec justement Anne-Marie Dussault comme animatrice, où Françoise David tenait des propos irréalistes et parfois contradictoires. Elle est pour le partage des richesses à la condition expresse qu’on ne partage pas ses richesses à elle ou celle des autres travailleurs québécois. Un homme d’affaires se faisait prendre à parti parce qu’il employait des gens au Mexique qu’il payait moins cher que ses employés québécois. Il a donc suggéré d’augmenter les travailleurs mexicains à un niveau acceptable en réduisant d’autant les salaires  de ses employés québécois, ce qui aurait pour effet de partager également entre ses employés la richesse que son entreprise générait. Françoise David s’est élevée violemment contre cette suggestion en disant qu’on ne pouvait diminuer le salaire des Québécois. Partageons les richesses, mais pas les miennes……. Je dois cependant admettre qu’elle m’a fortement impressionné lors du débat des chefs, elle était calme, fidèle à son message et était la seule qui donnait l’impression de parler de contenu et non de balivernes. Pour les mêmes raisons que pour Option Nationale je ne voterai pas Québec Solidaire.

Les Libéraux : Sans commentaires. Jamais je ne voterai pour le parti libéral. C’est une organisation pourrie jusqu’à la moelle au provincial comme au fédéral comme au municipal avec Tremblay à Montréal et Vaillancourt à Laval. Ce que je déteste le plus de Jean Charest ce sont ses attaques personnelles à l’endroit de tout le monde. Les libéraux sont les seuls à utiliser des campagnes négatives à l’américaine. Sans compter que lors du débat, il riait de tout le monde en pleine face. J’aurais adoré lui effacer son petit sourire arrogant, condescendant et paternaliste.

CAQ et PQ : Voilà mon dilemne! François Legault était mon chouchou au PQ par son approche pragmatique et sa grande expérience dans les affaires. Ce n’est ni un avocat ni un médecin, c’est un comptable agréé. Maintenant il est avec la CAQ et, je dois l’admettre, une équipe du tonnerre. Il a les mains libres et ne doit rien à personne. Il est assez riche pour ne pas avoir besoin de s’en mettre plein les poches. Je n’ai jamais aimé Pauline Marois et je ne pense pas qu’elle soit le chef idéal pour le PQ. Un excellent second, mais pas un chef. J’aurais préféré Gilles Duceppe. En voilà un qui a de la poigne. Par contre il aurait peut-être au bout d’un moment fait la même constatation que Lucien Bouchard et sacrer son camp. Le PQ est difficile à gérer. Autre crainte : l’initiative de référendum populaire. Je vois déjà Laviolette et sa gang commencer à ramasser des signatures dès le 5 septembre. Or, je partage l’avis de Legault. Les Québécois ne sont pas près pour un nouveau référendum. Commençons d’abord par remettre le Québec sur les rails. Quand on aura prouvé qu’on peut gérer une province de façon responsable. Peut-être réussirons nous alors à convaincre les Québécois que l’on pourra gérer un pays. Donc, je suis partagé entre mes convictions souverainistes et mon sens pratique. J’aimerais bien voir Jacques Duchesneau au gouvernement. Je devrai me décider avant le 4 septembre…………

Une conclusion. La personnalité marquante de ce débat fut sans aucun doute Patrice Roy de Radio-Canada. Malgré un panel de candidats excessivement indiscipliné, il a su garder le cap de façon magistrale et ne s’est pas gêné pour rappeler ses invités à l’ordre. Ceux-ci aurait intérêt à prendre exemple sur leur chef respectif. Moreau a été particulièrement énervant avec ses interventions « ….objectivement… ». Quel con!

On se reparle après les élections, je suis toujours en vacances.

dinosaure@radoteur.ca

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